Après plus de deux ans loin de son port d’attache, l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières se prépare à retrouver sa scène principale. La salle J.-Antonio-Thompson, fermée depuis le début de l’année 2025 pour une vaste cure de rajeunissement, arrive à la fin de son chantier. Avec elle, c’est tout le paysage des arts de la scène trifluvien qui s’apprête à reprendre son souffle.

Un exil de plusieurs saisons

Depuis la fermeture de la salle, l’OSTR a dû réinventer sa manière de rejoindre son public, multipliant les salles à travers la région : la Cathédrale de l’Assomption de Trois-Rivières, l’Amphithéâtre Cogeco, le Musée des Ursulines, et même le Centre des arts de Shawinigan. Après la fermeture de la salle J.-Antonio-Thompson, ces salles sont devenues la maison temporaire de nos musiciens.

Ce nomadisme forcé n’a pas été sans défis logistiques ni sans coûts : des dizaines de milliers de dollars ont dû être investis chaque année. 52 500 $ en 2025 seulement pour couvrir les frais de déplacement, de location et de réorganisation. Mais il a aussi eu du bon. Jouer à la cathédrale, par exemple, a permis à l’orchestre d’explorer un répertoire différent, plus grandiose, tirant parti d’une réverbération que la salle Thompson ne permet pas. Parmi tous les Grands concerts présentés, on peut citer Vienne éternelle, Le Roi des instruments avec le majestueux orgue ou encore le Requiem de François Dompierre, une œuvre d’envergure conçue pour résonner dans une église.

Un chantier de 36,6 millions de dollars

La réfection de la salle J.-Antonio-Thompson est un projet d’envergure : 36,6 millions de dollars investis conjointement par les gouvernements provincial, fédéral et la Ville de Trois-Rivières. Au menu : remplacement complet des sièges, ajout de toilettes, réaménagement et agrandissement des loges des artistes, modernisation des systèmes électriques, mécaniques et de ventilation, ainsi qu’un ajustement de l’angle des sièges au balcon pour une meilleure visibilité.

Pour les musiciens de l’OSTR, l’amélioration la plus attendue est : plus d’espace. De la place pour se changer, pour ranger les instruments volumineux, pour répéter avant un concert. Des détails qui font toute la différence dans le quotidien d’un orchestre.

Le grand retour tant attendu à la salle J.-Antonio-Thompson

Du côté de l’OSTR, l’enthousiasme est palpable. L’orchestre a d’ailleurs dévoilé sa 49e saison, la quatrième sous la direction du chef et directeur artistique Alain Trudel avec un programme qui promet d’être « engagé, inspiré, éclaté ».

C’est avec trois rendez-vous chargés de symbolique que l’OSTR renouera avec son public et sa salle. Voici les dates à retenir :

  • 20 février 2027 à 19 h 30, place aux Retrouvailles : soirée Beethoven. Le chef Alain Trudel dirigera l’orchestre dans un programme consacré aux œuvres emblématiques de Beethoven et un concerto pour piano composé par Alain Trudel lui-même. Une façon éloquente de célébrer ces retrouvailles avec le public trifluvien.
  • 21 mars 2027 à 14 h 30, place au printemps avec Les saisons d’ici… et de Vivaldi. Le violoniste de renommée internationale Blake Pouliot sera soliste et à la direction musicale pour faire dialoguer l’Europe et le Canada. Au programme : les Quatre saisons de Vivaldi et une œuvre de Cameron Wilson inspirée du territoire canadien.
  • 10 avril 2027 à 19 h 30, l’orchestre convie le public à un Gala lyrique : les plus beaux airs et chœurs d’opéra. Une soirée mémorable qui mettra à l’honneur les plus belles pages du répertoire lyrique.

Trois rendez-vous à ne pas manquer pour vivre, avec l’orchestre, la toute première résonance de la salle Thompson renouvelée.